Comment soigner Muse? Régler vos comptes avec la terre entière!

Salut les écrivains,

Voici le nouvel article de la saga sur Muse. Cette fois, nous allons descendre plus en profondeur sur les raisons qui nous font douter de nos écrits, afin d’en finir avec la procrastination et la peur de mal faire.

Cela vous est-il arrivé de jeter un œil sur les 18 premiers chapitres de votre roman, qui est proche du bout, et de vous dire: «non, cela n’intéressera personne, à quoi bon finir?».

Comment ça, à quoi bon?! Oo Je vais partager avec vous une astuce simple pour reconquérir votre créativité si elle est tombée dans vos chaussettes. Il s’agit juste de régler vos comptes avec la terre entière. Vous allez voir, ça va vite.

Le principe alchimique

Dans l’article, sur comment survivre à une critique, nous avons vu comment survivre à un commentaire négatif d’un illustre inconnu. Mais parfois, la critique ne vient pas d’un inconnu, elle vient d’une personne qui fait autorité comme un éditeur, ou pire, d’un proche. Y faire face est diablement plus compliqué. C’est très dur de se dire que ce n’est pas nous qui sommes jugés. Parfois aussi, les critiques qui nous ont fait très mal ne portaient pas sur notre histoire mais sur notre capacité même à écrire des histoire: «arrête tes trucs d’écrivains à la con, tu y arriveras jamais, t’as pas de style, fais prof». Bon, comment voulez-vous que Muse survive à ça?

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous en avez pris des critiques comme ça, à un moment ou à un autre. C’est pour cela que vous n’arrivez pas à finir ou que vous peaufinez encore et encore les détails sans jamais rien produire.  Cela s’appelle de la procrastination. C’est très lié à la confiance en soi. Donc, ce que nous devons faire maintenant pour soigner Muse, c’est vous aider à améliorer votre confiance en vous et plus particulièrement en votre capacité à écrire des histoires.

La recette alchimique

Le principal ennemi de l’écrivain c’est le manque de confiance en soi… Je l’ai assez vécu. Car si vous manquez d’idées ou si vous abandonnez vos meilleures idées en cours de route, c’est que Muse est blessée par cette voix en vous qui vous critique sans cesse. Alors, soignez-la en réglant vos comptes.

Pour cela, nous allons écrire des lettres, pleins de lettres.

tas de vieilles lettres aux bords racornis qui représentent la méthode pour soigner muse

Andrys / Pixabay

Étape 1: régler vos comptes avec ceux qui ont bloqué Muse

La première lettre sera pour les « méchants ».

  • Cherchez en vous qui vous a un jour blessé. En parlant de vos écrits ou de toute autre aptitude que vous aviez.
  • Expliquez-lui ou expliquez-leur en quoi ils se trompent, tant dans ce qu’ils pensent de vous que dans leur façon de faire. Par exemple, mon père a toujours essayé de me détourner de l’écriture simplement car il s’inquiétait pour moi: «fais prof» était sa seule réponse à tous mes choix de vie. Tout simplement car dans son référentiel de pensées, si on est pas patron, alors on est prof ou ouvrier. Donc, il fallait que je sois prof. Pas journaliste, pas écrivain, c’est de la merde tout ça. Prof. Et s’il fallait me dire que j’écrivais de la merde pour me détourner de ma passion, c’était légitime de le faire. M’a-t-il fait du mal? Oui. Avez-t-il raison? Non. Était-il animé des meilleures intentions? Oui. Fouillez de votre côté, peut-être que les critiques les plus cinglantes n’ont pas été faites pour vous blesser.
  • Mais elles l’ont fait, vous avez été blessé. Alors dites-le leur. Détaillez ce que vous ressentez, tous ces sentiments négatifs, sur vous, sur l’avenir, posez-les sur le papier.
  • Encore une fois, dites leur bien qu’elles se trompent sur vous.
  • Pas la peine d’envoyer vos lettres 😉

Étape 2: Taper dans le dos de ceux qui ont toujours soutenu Muse

Laissez passer quelques jours.

  • Écrivez une lettre à une personne qui vous a toujours soutenu ou inspiré.
  • Remerciez-la de son soutien, n’hésitez pas à détailler ces moments où elle vous a redonné confiance en vous, ce que vous ressentez.
  • Dites-lui tout le bien que ses encouragements vous ont fait et notez ce que vous avez réussi à accomplir grâce à elle et à cette confiance en vous qu’elle vous a donné.
  • Ne cherchez pas de grands signes extérieurs de réussite. Avoir réussi à écrire un chapitre d’une histoire, c’est déjà beaucoup. Rien qu’avoir pris la décision d’écrire, c’est déjà beaucoup.
  • Vous n’êtes pas obligé d’envoyer cette lettre non plus. 😉

Étape 3: Régler vos compte avec le plus grand ennemi de Muse

Toujours quelques jours plus tard, ou le lendemain si vous êtes impatients, écrivez-vous une lettre à vous même.

Car, bien sûr, votre plus grand ennemi, c’est vous-même.

un gars vachement fier se lave les dents

andresantanams / Pixabay

  • Alors, fermez les yeux, soufflez bien pour vous détendre au calme.
  • Visualisez où vous voulez être dans 1 ans, 5 ans, 10 ans. Ce que vous voulez accomplir.
  • Notez-le sur le papier.
  • Expliquez pourquoi vous êtes capable de tout accomplir.
  • Car vous êtes capable de tout accomplir. Croyez-moi sur parole. Ce n’est pas le manque de compétence, c’est la peur qui vous empêche d’accomplir vos rêves.

J’ai rencontré une medium une fois, dans une bibliothèque à Montréal. Elle s’ennuyait en attendant le client et elle m’a fait un truc très simple qui ne nécessite aucun pouvoir. Elle m’a demandé quels étaient mes grands rêves. Bien sûr, devenir écrivain figurait en haut de la liste. Elle a noté chacun de ces rêves en commençant la phrase par: « je rêve de… » Puis elle a rayé « je rêve de… » et l’a remplacé par « j’ai peur de… » Ce fut une révélation pour moi. Je me suis toujours mis des barrières.

Alors palpez autour de vous, vous trouverez des murs qui vous enferment. Ce sont vos peurs. Elles sont infondées. Brisez-les.

Étape 4: Finissez quoi qu’il arrive

Parfois, en toute objectivité, on arrive au chapitre 18 de notre roman et on se dit: «c’est de la…». Tant pis, il faut le finir, point barre. Voici le plus précieux conseil que l’on ne m’ait jamais donné:

citatino de robin hobb il faut finir son histoire«Écrivez tous les jours et finissez l’histoire que vous avez commencée. Même si vous ne l’aimez plus, finissez-la.»

c’est Robin Hobb, l’auteure de la saga l’Assassin Royal, qui m’a dit cela en dédicace. Cela m’a libérée. Car ce qui nous empêche d’avancer c’est le doute. À partir du moment où on est forcé de finir, il n’y a plus de doutes à avoir. Même si on ne l’aime plus, même si on écrit un truc pourri, on n’a pas le choix, il faut finir, point barre. Et une fois fini, si l’histoire plait, c’est bien, si elle ne plait pas, tant pis. End of the story.

Vaincre la procrastination

En parlant de doute et de difficulté à finir, il y a ceux qui abandonnent, OK. Il y a aussi ceux qui n’abandonnent jamais mais qui pourtant, ne finissent jamais. Pourquoi? Car ils peaufinent, ils réécrivent, parfois pour la dixième fois. Il pinaillent. Reviennent en arrière, rechange, bref… Ils procrastinent.

Pourquoi? Simplement parce que nous doutons. Le doute peut nous faire fuir et abandonner, mais il peut aussi nous paralyser. Il nous empêche de prendre les décisions. Résultat, nous peaufinons et n’arrivons pas à décréter que le bébé est fini.

Pour réussir à se libérer de ce doute là, il faut simplement accepter l’évidence: notre bébé ne sera pas parfait. Il ne sera jamais parfait. Même après 10 ans de retravail. La seule chose que vous gagnerez à peaufiner encore et encore, c’est à gâcher des opportunités. Ou pire… de voir apparaître en librairie une histoire tout comme la vôtre, même moins bien que la vôtre, mais qui a un grand mérite par rapport à la vôtre: son auteur a mis un point final et l’a envoyée.

Donc, veuillez écrire cette phrase sur un petit bout de papier:

« Fini, pas parfait»

Accrochez-le au-dessus de votre bureau puis torchez-moi cette histoire et passez à une autre!

Étape 5: Faire au lieu de baisser les bras

Je ne peux pas garantir que vos textes vont gagner des concours ou être publiés mais au moins ils seront écrits. Plutôt que de tergiverser et de vous morfondre, plutôt que de baisser les bras devant l’ampleur de la tâche, abattez le travail.

En conclusion, je vais vous dire un truc tabou, qui en fera hurler plus d’un:

«Il vaut mieux écrire de la merde que de ne rien écrire du tout»

petit exemple de procrastination: un caca avec de gros yeux tout mignon

Alexas_Fotos / Pixabay

Celui-là aussi vous pouvez l’afficher sur votre mur, avec la photo. J’y crois fermement. Car c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Même Michel Ange a bien dû rater quelques croquis avant de peindre le plafon

d de la chapelle Sixtine. Donc, n’ayez pas peur de mal faire. Faites, encore et encore jusqu’à atteindre cet objectif que vous vous êtes fixé.

Petite méthode garde-fou

Bien sûr, je ne suis pas en train de vous dire de mal écrire. Il faut donner son maximum et ne pas mépriser le lecteur. Alors où se trouve le juste milieu? Dans le fait d’avoir un processus clairement établi. La plupart des écrivains ont trois jets pour une histoire:

  1. Le premier jet où ils écrivent sur plan ou sans, cela dépend des gens (mais s’il-vous-plait, préparez bien vos fiches personnages avant d’attaquer l’écriture.)
  2. La réécriture du premier jet. Ce deuxième jet sera envoyé aux bêtas lecteurs
  3. La réécriture suite aux retours des bêtas (un bêta qui ne comprend pas une scène a toujours raison!)
  4. Le peaufinage avec l’éditeur s’il en ont un (Mais ça, c’est facile, il suffit d’obéir aux ordres, pas de décisions à prendre 😉

À vos plumes!

un stylo plume sur une feuille couverte d'écriture

422737 / Pixabay

Écrivez-moi ces lettres, non de non! Voilà pour l’exercice ^-^

Je n’ai plus qu’une chose à dire, qu’une chose en laquelle je crois et que je voudrais transmettre: ne vous remettez JAMAIS en cause. Muse est un enfant de verre, elle est fragile et vous aussi à travers elle. Prenez-soin de votre créativité.

Et si vous n’avez pas lu le premier article, faites-le:

Le prochain article de la série est dédié à abattre ces barrières qui nous enferment et nous empêchent de libérer nos idées:

En attendant, écrivez-moi ici si vous voulez des conseils plus personnalisés ou que je traite une question précise dans un article. Et pour en savoir plus sur la plume et le retravail d’une histoire, n’hésitez pas à télécharger mon livre: «Comment polir son roman pour en faire un diamant».

couverture comment polir son roman pour en faire un diamant

Bonne chance à vous dans vos projets! ^-^

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3 commentaires sur “Comment soigner Muse? Régler vos comptes avec la terre entière!
  1. Killbeal dit :

    J’aime bien l’idée ! Mais là, je vais plutôt écrire un recueil de nouvelles dans lequel je vais les caricaturer, histoire de bien me lâcher et d’en rire !!!!! Mon soutien je l’ai enfin aujourd’hui, à 35 ans ! Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves !

    • génial! super idée!!! je devrais faire ça aussi 😉 entre la copine qui a dit de mon premier roman que j’écrivais comme Proust et mon père qui m’a dit que mon second texte était mal écrit sans même l’avoir lu, j’aurais de quoi m’amuser.
      C’est drôle, je n’ai que des histoires contemporaines qui me viennent avec des personnages inspirés de personnes que j’ai connu (surtout dans le monde professionnel). Peut-être que je suis en train de régler mes comptes par ce biais 😉
      tu vas bien t’éclater en tout cas ^-^

  2. Killbeal dit :

    L’écriture est une thérapie !

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Je m’appelle Ghaan

Ghaan

l'Écrivain Alchimiste qui vous aide à transformer vos histoires en or. À force de travail, j'ai compris que l'écriture est un Art Alchimique, un savant mélange de créativité, de méthodes et de confiance en soi. J'ai réuni mes conseils les plus efficaces dans un livret gratuit:«Comment polir son roman pour en faire un diamant».
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