Créativité sur commande: Libérez vos idées et vos histoires!

Vous êtes vous déjà retrouvé à une semaine de la deadline pour un concours de nouvelles, sans avoir la moindre idée d’histoire? La créativité à sec? Ou vous êtes vous déjà affolé en vous disant que toutes vos idées d’histoire et bien… elles étaient bonnes à jeter et que vous n’en trouverez pas une de propre? Quelle angoisse! Quel doute! Et pourtant! La création est le meilleur moment. Imaginez que tous les doutes s’envolent, que resterait-il? Du pur plaisir, cette plongée dans les idées et l’esprit qui se laisse aller loin dans l’histoire en création mais sans jamais se perdre… Un délice!

La méthode que je vous propose ici est une sorte de «créativité sur commande». Comment vite et bien trouver des idées d’histoires.

D’où vient-elle? L’expérimentation. Car l’année dernière, j’ai eu cette envie folle de participer à un challenge, écrire 10 nouvelles en un été. Et j’ai très vite compris qu’à ce rythme, le plus dur n’est pas d’écrire. Non, la difficulté, c’est de trouver la bonne idée. Au fil des nouvelles, j’ai fini par laisser le doute au placard, l’angoisse a disparu. Je pouvais me reposer entre deux textes car je savais que quelle que soit la nouvelle, quel que soit le concours, je trouverais une idée d’histoire et que je serais satisfaite de la manière dont je la traiterais!

Comment fonctionne cette méthode? Tout simplement. On va s’appuyer sur la contrainte pour libérer sa créativité. Et s’il n’y a aucune contrainte, on en trouvera, car la vraie et seule contrainte est d’écrire quelque chose qui vient du plus profond de nous.

Voici le plan de bataille:

  1. Cesser de vous mettre la pression, il n’y a pas de mauvaises idées d’histoires et il n’y a pas de bonnes idées non plus
  2. Mais si rien ne vient, que faire ? Les deux cas: créativité sous contrainte ou créativité qui vient des tripes
Image de la créativité une déesse antique se repose sur sa harpe

Jo-B / Pixabay

Etape 1 : Cesser de mettre la pression à muse, il n’y a pas de mauvaises idées et il n’y a pas de bonnes idées non plus

Vous avez déjà dû vous dire : « non, cette idée est bateau, cette autre est trop intime, elle n’intéressera personne d’autre que moi… » Et mille autre raisons qui vous poussent à rejeter vos potentielles histoires ou à changer de projet en cours de route. Alors, comment pouvoir être sûr de son coup, se lancer et assurer ?

De l’idée aux prémices

Déjà, si votre idée ne vous semble pas très intéressante, c’est peut-être qu’elle n’a pas franchi la première étape : passer de l’idée aux vrais prémices d’histoire. Il faut juste lui donner une tournure. Un « et si ? » ne fait pas une histoire, c’est un thème. Et un thème doit être développé. Par exemple, et n’importe lequel ferait l’affaire, le dernier téléfilm que j’ai vu sur M6. L’histoire d’une fille qui fait du patin à glace, j’ai regardé jusqu’au bout… sérieux ? Pourquoi? Car je voulais savoir si elle choisirait son petit copain ou le patin. Et puis j’aimais cette Amérique du Nord bien froide qui me rappelait Montréal. Bref, une idée bateau bien exploitée.

Incarner le thème

L’idée donc ne vaut rien seule. Il faut ensuite trouver l’univers qui permettra d’incarner le thème. Puis les personnages qui le rendront vivant et pour cela, ils doivent avoir chacun leurs propres désirs et besoins mais surtout un conflit intérieur qui se développe au sein de ce « et si ? ». Le personnage doit résonner avec votre idée, l’illustrer. C’est cela le vrai thème au final. C’est là que l’idée s’arrête et que commence le travail. La meilleure idée d’histoire si elle n’est pas abordée sous l’angle des personnages et de leurs contradictions ne donnera qu’une histoire sans vie, un zombie de roman. De même, une idée rabâchée mille fois depuis dix ans, si elle est abordée avec sérieux et profondeur marchera toujours autant car ces conflits existentiels sont la nourriture de l’âme: L’amour interdit, la vengeance inachevée, etc. Nous y reviendrons dans les autres rubriques du site (Emo et Légos surtout).

Du boulot, du boulot

Il m’a fallu du temps pour comprendre cela : une fois que l’idée est trouvée, il faut taffer. Avant d’écrire, en amont, taffer encore et encore : fiche univers, fiches personnages, conflits, backstory, etc. Après l’écriture aussi bien sûr, il faut travailler, mais surtout avant. Lors de mes derniers challenges, le temps d’approfondissement de l’idée, la recherche amont, était plus longue que la rédaction proprement dite (et la correction, on en parle même pas… 😉 Mais cela n’a pas empêché quelques nouvelles de porter leurs fruits. Dont une qui sera publiée l’année prochaine ^-^.

Alors, faites moi plaisir, si vous doutez de votre idée, contentez vous de la bosser, la créativité est une source, pas un produit fini. Une méthode simplifiée pour vous gagner en efficacité dans la préparation et l’écriture: «La technique du jeté de chat dans l’eau» 😉

Etape 2 : Mais si rien ne vient, que faire ?

Vous avez déjà été à sec? Mais vraiment à sec? OK. Il existe des astuces pour rouvrir le robinet et faire en sorte que les idées d’histoires ne manquent jamais.

Premier cas: un concours avec thème imposé. Parfait ! Utilisons la méthode de l’entonnoir mécanique

Laissez-moi vous parler de cette période de fin aout. J’étais à moins de 2 semaines de la dead line pour deux concours et pas d’idées… Là le problème était purement la créativité. Dans les embouteillages un jour de retour de vacances (pas le mien, celui de tous les autres parisiens), j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de profiter de ces deux heures de bouchon pour trouver mes idées.

un vortex d'images cosmiques et étrange

© johnhain – Pixabay

Voici comment les choses se sont passées dans ma tête et la méthode «la moulinette de la contrainte» que je vous propose :

  1. Restreindre le champ des possibles:

Contrairement à ce que l’on croit, trop de choix tue le choix. C’est la contrainte qui guidera votre créativité, comme le grain de sable permet à l’huitre de le recouvrir de nacre et de créer une perle. C’est d’ailleurs le principe de base de tous les exercices de l’Oulipo. Le premier tour de moulinette a donc pour but de supprimer une possibilité et si il le faut: totalement au hasard. Si vous avez le choix entre vampire ou loup garou et si aucun ne vous inspire plus que l’autre, faite la plouf.

Par exemple, des quatre thèmes du concours aufeminin.com j’en ai dégagé 3 et j’ai gardé : « Tout a commencé sur snapchat ». Parce que snapchat c’est cool ! Ok raison pourrie. La vraie bonne raison c’est que toutes les filles qui ont une nouvelle super travaillée dans les cartons ne pourront pas rentrer dans cette catégorie 😉 pensez stratégie aussi!

  1. Prendre le thème et le décortiquer comme on le fait au bac philo :

Ex. pour le concours aufeminin:

Le deuxième tour de moulinette consiste à atomiser la contrainte, tout séparer en ses constituant. Qu’est ce qui peut « commencer »? Une nouvelle vie, un nouveau travail, une relation amoureuse, un projet, une entreprise, une série télé, une invasion extraterrestre, le jour Z, les emmerdes… Qu’implique le «tout»? Du grand, des ramifications multiples… Enfin, « snapchat », c’est quoi? Photo vidéo, intimité, instantanéité, truc d’ado…

  1. L’étape de brainstorming

Maintenant, on dévisse la moulinette et on lâche tout! Il s’agit de jeter les idées sur le papier et de tout poser, on fera le tri plus tard. Vous n’êtes pas obligés de vous droguer mais ça aide ! (oO lol, quoi !)

Dans mon cas, ce fut vite fait. J’étais en voiture et je ne croyais pas trop au concours aufemimin suite à mon échec lamentable l’année précédente. Donc je suis arrivée avec deux misérables idées :

  1. La femme qui trouve enfin l’amour
  2. Le stalker rencontré sur les réseaux sociaux (Je veux me mettre à Youtube mais j’ai peur de montrer ma tête en vidéo! Pas vous ?)
  1. L’étape d’épuration

On pose un tamis sur la moulinette. On sélectionne les meilleures idées et surtout on les transforme et on les fusionne pour les fortifier. Ex. avec mon concours:

  • Et si les emmerdes et le grand amour commençaient en même temps ?
  • Et si le stalker n’était pas celui qu’on croit ?

Et voilà une idée de nouvelle à chute ! (J’avais étudié un minimum les attentes du jury ! Voir cet article : Comment maximiser ses chances dans un concours de nouvelles)

Au final, ma nouvelle Rendez vous dans l’ombre a fait partie des 24 short listées sur 800 mais elle n’est pas arrivée en finale top 3. À ce stade je pouvais demander le retour du jury. On m’a indiqué que le texte avait plu pour sa modernité, que certains l’avaient évoqué pour monter sur le podium mais finalement non pour diverses raisons, retour d’expérience dans l’article précité ^-^

Exemple 2 : Le concours Femmes actuelles extra jeu

Ici, aucun thème imposé… My god ! Aucun thème ! Et ma contrainte ? Et mon grain de sable à recouvrir de nacre ? J’ai senti les parois de ma coquille de petite huitre trembler. J’étais là à regarder le paysage et à me demander quoi faire…

Alors je me suis posé toute seule la pire contrainte qui soit : faire une nouvelle qui finit bien. Un truc optimiste, drôle, agréable à lire (de la romance quoi !). Pourquoi ? Parce que Femme actuelle extra jeu. OK, j’ai des préjugés sur le lectorat. Mais bon ça fait toujours pas le grain de sable. N’importe quoi vite, vite : « Oh ! un arc en ciel ! Je passe pas loin de son pied, mais y’a pas un trésor au pied des arcs en ciel ? Tiens, et si mon héroïne cherchait un trésor ? Mais pourquoi ? »

Bon je vous refais pas le dialogue intérieur mais de fil en aiguille, à partir du germe, des contraintes, des «et si» et des pourquoi, l’histoire est venue. De façon un peu moins organisée, certes. Celle-ci a perdue mais elle a plu à ses bêta lecteurs au moins ^-^.

Deuxième cas: Pas de thème imposé. La créativité qui vient des tripes

Dans ce cas, il faut aller chercher le thème en vous. Je vous propose d’aller voir dans l’article: nourrir sa créativité et faire grandir Muse. L’idée consiste à aller chercher en soi le thème:

C’est le plus compliqué car on a souvent du mal à s’accepter en tant que personne, alors en tant qu’artiste, c’est pire… Et bien je vous propose une méthode simple intitulée: «Mettez vos tripes sur la table, bordel!»

  1. Qu’aimez-vous lire ? Quoi et pourquoi ? Qu’est ce que cela vous procure intellectuellement et… au fond de vous
  2. Quels personnages de fictions ou historiques vous ont impressionnés ? Quels univers vous transportent? Quelles intrigues vous ont plu ? On dit que les plus grands s’appuient sur les épaules des géants qui les ont précédés. Il n’y a pas de mal à s’inspirer tant qu’on ajoute une étincelle qui nous est propre et que vous trouverez avec les deux étapes suivantes:
  3. Dans la vie, qu’est-ce qui vous révolte ? Qu’est-ce qui vous fascine ? Quels univers/personnages/situations peuvent métaphoriquement retranscrire cela ?
  4. Qu’est-ce qui vous a blessé enfant et continue de vous faire mal quand vous regardez le réel?
  5. Qu’est-ce qui vous fait peur?
  6. Qu’avez vous vu/entendu/vécu qui vous a marqué/blessé/choqué/changé à jamais pour le meilleur et pour le pire?
  7. Bref, qui êtes vous vraiment?

Une fois cette opération chirurgicale effectuée, demandez-vous donc comment mélanger le loup de twilight qui perd son meilleur ami, le tout dans un univers qui illustre le problème du racisme ?

Plop! (c’est le bruit du prémisse d’histoire qui apparait)

Maintenant, il n’y aura plus qu’à reprendre les étapes du cas n°1 et… taffer taffer taffer taffer…

À vos plumes!

un stylo plume sur une feuille couverte d'écriture

422737 / Pixabay

Que vous dire? À part que les nouvelles sont le meilleur terrain de jeu qui soit pour progresser comme auteur. Écrire des nouvelles en testant des méthodes différentes, cela se rapproche de la expérimentations des labos de recherche. Et si vous vous forcez à produire et que vous vous mettez des deadlines courtes (sans être aberrantes), vous allez sans vous en rendre compte dédramatiser l’écriture, vous familiariser avec votre muse et votre plume. C’est pourquoi, comme exercice, je vous demande d’aller faire un tour dans la rubrique Salons, concours et appels à textes, de zieuter le calendrier et de noter 3 concours, si possible à un mois d’intervalle. Quinze jours c’est trop peu et plus d’un mois on perdra la dynamique. Si mon calendrier vous suffit pas, voici celui d’épopées fictives, à jour même s’il manque les concours des «non-maisons-d’éditions».

Maintenant, vous pouvez aller faire un tour sur le tag «préparer son roman» et surtout sur l’article, «comment préparer son histoire sans être bloqué par son plan».

 

 

Donc, bonne chance à vous dans vos projets et ne lâchez rien!!! En mode pitbull! ^-^

Voilà pour ce retour d’expérience! Dites moi ce que vous en pensez en commentaire, et si vous avez des choses à partager…

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Je m’appelle Ghaan

Ghaan

l'Écrivain Alchimiste qui vous aide à transformer vos histoires en or. À force de travail, j'ai compris que l'écriture est un Art Alchimique, un savant mélange de créativité, de méthodes et de confiance en soi. J'ai réuni mes conseils les plus efficaces dans un livret gratuit:«Comment polir son roman pour en faire un diamant».
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